COMMUNIQUE D’ALAIN LE VERN, PRESIDENT DE LA REGION HAUTE-NORMANDIE ET
DE DIDIER MARIE, PRESIDENT DU DEPARTEMENT DE LA SEINE MARITIME

Prenant acte des décisions de Renault, le gouvernement renonce à rechercher des solutions favorables au site de Sandouville
et à ses salariés

Après les récentes annonces de suppression de postes sur le site de Renault Sandouville, nous avons rencontré ce jour Mme Lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi en présence d’une délégation d’élus haut-normands. Lors de cet entretien, nous avons demandé que l’Etat, actionnaire du constructeur automobile, pèse de tout son poids afin d’obtenir des garanties sur la pérennité des usines haut-normandes et accompagne les acteurs de ce secteur d’activité frappés par la crise économique et énergétique actuelle. Semblant avoir déjà acté les décisions de l’entreprise, la Ministre n’a pu nous apporter aucune réponse positive.

Représentant plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects, la présence de Renault en Haute-Normandie est un atout majeur pour notre territoire. Le secteur automobile y figure en effet parmi les principales filières d’excellence avec un savoir-faire reconnu tant au plan industriel qu’en matière de formation et de Recherche-innovation. La labellisation du pôle de compétitivité à vocation mondiale Mov’éo illustre parfaitement le poids et l’importance de ce secteur d’activité.

Suite au rendez-vous avec Mme Lagarde, c’est un sentiment de forte déception qui prédomine. Nous n’entretenons plus aucune illusion sur le rôle du gouvernement dans cette affaire. La Ministre semble d’ores et déjà avoir pris acte des décisions de Renault et confie au Préfet le traitement de la situation des salariés dont l’entreprise entend se séparer. Insistant sur la participation « très minoritaire » de l’Etat au capital de Renault et sur les difficultés rencontrées par le secteur automobile, Mme Lagarde a simplement indiqué que les représentants de l’Etat feraient valoir leurs inquiétudes lors du prochain Conseil d’Administration.

Ce faisant, le gouvernement ne remplit pas ses obligations d’actionnaire et cautionne une stratégie dangereuse pour l’ensemble de l’entreprise qui se voit ainsi privée de salariés hautement qualifiés et d’un savoir-faire incomparable. Au-delà du désintérêt à l’égard de la tragédie sociale qui se joue sur notre territoire, l’inaction et le renoncement du gouvernement représentent une faute grave pour le développement économique et l’emploi de manière générale.

Pour notre part, nous n’entendons pas baisser les bras c’est pourquoi des démarches sont en cours afin de rencontrer les responsables de Renault dans les meilleurs délais. Si le contexte économique international, marqué par une croissance en berne et un prix du pétrole élevé, impacte directement le marché de l’automobile, il ne peut en effet à lui seul expliquer la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le constructeur automobile. Les choix stratégiques faits par le  groupe sont en effet inquiétants. La Région et le Département souhaitent donc dès à présent obtenir des garanties de la part de M.Ghosn concernant les sites haut-normands.
 
Il est urgent aujourd’hui que Renault clarifie sa stratégie de développement à moyen et long terme – types de véhicules, motorisation, sites – et apporte les garanties de pérénisation aux salariés. Nous serons dès lors en capacité d’indiquer les modalités de notre soutien pour accompagner l’activité comme nous l’avons toujours fait ces dernières années.

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