Le prix de la surveillance vidéo…

Najwa CONFAITSCONSEIL MUNICIPAL DU 19 OCTOBRE 2009

DELIBERATION NUMERO 7

Nous estimons que la vidéosurveillance ne peut en aucun cas suffire ni être la potion magique à la recrudescence de la délinquance dans notre ville.

En France, il n’existe hélas aucune étude sur l’impact de la vidéosurveillance sur la délinquance urbaine.

C’est pour cela que sur cette question, je doute que vous ayez des chiffres à nous donner. D’ailleurs, si vous les avez, il est certain que vous ne les rendrez pas publics.

Nous nous sommes donc tournés vers nos voisins européens pour évaluer l’efficacité de la vidéosurveillance en ville. En Angleterre (pays qui compte actuellement le plus d’équipements de vidéosurveillance au sein de l’union européenne), des chercheurs ont conduit notamment une série d’entretiens avec des délinquants amenés à comparaître devant le tribunal de Grande Instance pour des atteintes à la propriété. La majorité d’entre eux affirment que la vidéosurveillance a eu un impact sur leur comportement dans la mesure où ils ont agi avec plus de prudence mais sans renoncer à commettre des délits. D’autres personnes reconnaissent s’être déplacées ailleurs pour agir dans des espaces non équipés.

Ces quelques exemples incitent à la prudence sur « le tout caméra ». Il y a des cas où il vaut mieux installer un réverbère qu’une caméra. Cela peut être plus dissuasif. Aussi la vidéosurveillance à elle seule ne peut suffire, elle doit accompagner d’autres moyens de prévention.

Or le programme national d’installation de ce matériel coûtera de 5 à 6 milliards d’euros. Autant d’argent en moins pour les associations de terrain qui œuvrent dans la prévention.

Aussi l’insistance excessive sur la vidéosurveillance en matière de lutte contre la délinquance semble révéler une absence de stratégie et une certaine impuissance en la matière.