Catherine Troallic demande à Marisol Touraine la création d’une faculté d’odontologie en Haute-Normandie

Catherine Troallic interpelle Marisol Touraine, Ministre de la santé, par voie de question écrite sur la création d’une faculté d’odontologie en Haute-Normandie.  » D’une manière générale, la démographie médicale est une question primordiale en région Haute-Normandie. C’est aussi une vraie préoccupation au Havre et dans l’agglomération. J’aborde dans cette question écrite le cas des chirurgiens-dentistes mais le manque de professionnels de soins dans d’autres secteurs est aussi bien connu. Assurer l’égal accès de tous aux soins est un impératif. La Ministre de la santé a déjà pris des mesures importantes dans le cadre du pacte territoire santé fin 2012, notamment des contrats d’engagement de service public pour les chirurgiens-dentistes. Ce type de mesure comme l’investissement des collectivités pour attirer les jeunes diplômés ou en voie de l’être sont nécessaires mais la création d’une réelle formation en odontologie en Haute-Normandie constituerait une avancée très importante «  , souligne Catherine Troallic.

La question écrite :

Catherine Troallic attire l’attention de la Ministre de la santé sur la situation de pénurie de chirurgiens-dentistes en Normandie et en particulier en Haute-Normandie. La région Haute-Normandie est classée au 22ème rang des régions françaises pour sa densité de Chirurgiens-Dentistes libéraux. L’état des lieux de l’offre en soins dentaires présenté dans le Schéma régional d’organisation des soins (SROS) est extrêmement préoccupant.L’ensemble de la région est lourdement déficitaire avec des disparités infra-régionales fortes. Une majorité de communes est soit sous-dotée soit très sous-dotée (moins de 1,5 professionnels pour 10000 habitants) comme Gainneville, Harfleur et Gonfreville l’Orcher, par exemple.Comme l’indique le SROS : « cette situation peut s’expliquer par le fait que la région ne dispose pas de faculté dentaire ». Lire la suite

Lu dans la presse : La ville [du Havre], toujours malade

hlSANTE. Pour la quatrième année, la ville ne décolle pas de la dernière place du palmarès santé d’une revue médicale. En cause, la sociologie du Havre et le manque de médecins.

Le Havre, treizième ville de France en nombre d’habitants mais trente-sixième (sur trente-six de plus de cent mille habitants) au palmarès santé publié hier par la revue médicale Impact Médecine. Pour la quatrième année consécutive, la ville décroche la lanterne rouge de ce classement qui passe en revue cent vingt indicateurs aussi différents que le taux de natalité, le taux de morbidité à l’hôpital ou encore ceux ayant trait au cadre de vie et à la démographie médicale. Tout en haut du classement, Lyon, Besançon et Grenoble se partagent le podium.
Pourquoi la ville ne décolle-t-elle pas de cette dernière place « préjudiciable en terme d’images », estime un radiologue ? « Les taux sociodémographiques de la ville sont mauvais », estime Pierre Cuin, auteur de l’enquête pour Impact Médecine. Ainsi, alcoolisme, mortalité infantile, cancers, tabac, maladies respiratoires, précarité, situation sociale, pollution, autant d’indicateurs qui sont davantage orientés au rouge qu’au vert.
« Mais surtout, ajoute Pierre Cuin, la ville souffre beaucoup de l’absence d’un CHU. La majorité des grandes villes en ont un. Ils permettent d’attirer des étudiants et des médecins. Et c’est le gros problème du Havre, estime Pierre Cuin, la ville est parmi celles qui comptent le moins de médecins en France. Malgré tous les efforts qui peuvent être faits par la ville pour attirer des praticiens, il faudra du temps pour changer les choses. »
Au Havre, on enregistre un taux de 147 médecins généralistes pour cent mille habitants contre, par exemple, 387 à Rouen et 359 à Caen. Pour les spécialistes, le constat est plus inquiétant encore mais s’explique par l’absence d’un grand pôle médico-universitaire : un taux de 145 spécialistes au Havre pour cent mille habitants alors que Caen en compte 764 et Rouen 782. Dans les spécialités médicales, le manque récurrent concerne les psychiatres. Selon l’enquête d’Impact Médecine, la ville ne compte que vingt psychiatres pour cent mille habitants, le taux le plus faible en France.
« La situation est préoccupante et le sera encore plus dans les années à venir avec le départ à la retraite de nombreux médecins », souligne un spécialiste havrais. Pour preuve, la situation des dentistes. Ils font cruellement défaut. « Il nous manque 50 % de dentistes par rapport à la moyenne nationale et dans quinze ans, estime Luc Lecerf, le représentant du syndicat des dentistes, la moitié de ceux qui exercent aujourd’hui seront à la retraite. »

« Faire bouger les choses »
« Le palmarès est fait à partir d’éléments statistiques connus, explique de son côté Olivier Jougla, adjoint au maire du Havre en charge de la santé et qui, justement, animait hier soir une réunion sur la santé, dans les quartiers sud. Ils ne jouent pas en notre faveur mais n’intègrent pas la situation historique de départ. Nous ne sommes pas à Toulouse, Lyon ou Nice. Surtout, ajoute Olivier Jougla, ces éléments n’intègrent pas le diagnostic auquel se livre actuellement la Ville du Havre pour faire bouger les choses et ne donnent pas les clés de compréhension de nos efforts. » Que ce soit la ville ou la communauté de l’agglomération (Codah), des actions sont en cours pour tenter de régler le problème prioritaire : la démographie médicale.
Stephane Siret