Catherine Troallic interpelle Marisol Touraine, Ministre de la santé, par voie de question écrite sur la création d’une faculté d’odontologie en Haute-Normandie.  » D’une manière générale, la démographie médicale est une question primordiale en région Haute-Normandie. C’est aussi une vraie préoccupation au Havre et dans l’agglomération. J’aborde dans cette question écrite le cas des chirurgiens-dentistes mais le manque de professionnels de soins dans d’autres secteurs est aussi bien connu. Assurer l’égal accès de tous aux soins est un impératif. La Ministre de la santé a déjà pris des mesures importantes dans le cadre du pacte territoire santé fin 2012, notamment des contrats d’engagement de service public pour les chirurgiens-dentistes. Ce type de mesure comme l’investissement des collectivités pour attirer les jeunes diplômés ou en voie de l’être sont nécessaires mais la création d’une réelle formation en odontologie en Haute-Normandie constituerait une avancée très importante «  , souligne Catherine Troallic.

La question écrite :

Catherine Troallic attire l’attention de la Ministre de la santé sur la situation de pénurie de chirurgiens-dentistes en Normandie et en particulier en Haute-Normandie. La région Haute-Normandie est classée au 22ème rang des régions françaises pour sa densité de Chirurgiens-Dentistes libéraux. L’état des lieux de l’offre en soins dentaires présenté dans le Schéma régional d’organisation des soins (SROS) est extrêmement préoccupant.L’ensemble de la région est lourdement déficitaire avec des disparités infra-régionales fortes. Une majorité de communes est soit sous-dotée soit très sous-dotée (moins de 1,5 professionnels pour 10000 habitants) comme Gainneville, Harfleur et Gonfreville l’Orcher, par exemple.Comme l’indique le SROS : « cette situation peut s’expliquer par le fait que la région ne dispose pas de faculté dentaire ». Depuis de très nombreuses années, les étudiants Haut-Normands qui décrochent le concours d’odontologie sont obligés de suivre l’essentiel de leur cursus à Rennes, Reims ou Lille. Le contrat de projets Etat-Région 2007/2013 prévoyait l’ouverture d’un Département d’odontologie à la Faculté de médecine de Rouen dans le cadre d’un Plan Progrès Santé pour la période 2007-2013. Le non-respect de cet engagement par l’Etat, sous le gouvernement précédent, constitue, plus que jamais, au vu du vieillissement de la profession, une épée de Damoclès pour de très nombreuses communes très sous-dotées de Haute-Normandie. Selon le SROS :  » la pyramide des âges montre une augmentation nette des praticiens les plus âgés, en particulier chez les hommes, comparativement à 1995. A tendance constante, on peut s’attendre à une réduction des effectifs d’ici 2015 de près de 4%, avec dans certains territoires de proximité, des chutes de plus de 30% « . Les expériences de création de centres de formation et de soins dentaires soutenues par les collectivités territoriales à l’Hôpital Flaubert du Havre ou à l’hôpital Saint-Julien à Petit-Quevilly démontrent l’intérêt de former en Haute-Normandie mais ne suffisent pas à répondre à une demande de soins très importante. Les aides financières à l’installation qu’elles soient développées par l’Etat ou les collectivités sont relativement efficaces à court terme mais leur coût pour la collectivité n’est pas négligeable et elles ne permettront pas de répondre à long terme au déficit de chirurgiens-dentistes en Haute-Normandie. Catherine Troallic interroge donc la Ministre de la santé sur les intentions du gouvernement d’envisager la création d’une Faculté d’odontologie en Haute-Normandie.

 

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