Interview de Matthieu Brasse, Secrétaire de la section socialiste du Havre, par François Haugel parue dans les édition du Havre Libre, Havre Presse, Paris Normandie du 28-10-2014
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Matthieu Brasse - Le HavrePour Matthieu Brasse, le secrétaire de la section PS du Havre, la coupe est pleine. Le responsable a souhaité réagir suite à la défection du Parti socialiste de plusieurs militants qui figuraient sur la liste « La Mairie pour tous » conduite par Camille Galap. Les derniers en date en septembre : Christian Bouchard et Muriel de Vrièse toujours élus dans le groupe « La mairie pour tous » ou plus récemment encore Toufik Khiar, le président de SOS Racisme au Havre. Pourquoi réagir maintenant ?

«Il fallait remettre les pendules à l’heure. Mais il faut aussi défendre les militants du Parti socialiste au Havre. Depuis le mois de mai, huit personnes ont rendu leurs cartes. On ne peut pas parler d’hémorragie. Mais pour quitter le PS, encore faut-il en faire parti. Sur les huit personnes, deux d’entre elles n’ont jamais été adhérentes, trois ont adhéré seulement six mois avant les élections municipales. Les trois restantes sont des gens qui se positionnent plus à gauche de je ne sais qui. Or, nous ne les avons jamais vu se battre lors des échéances électorales qui ont précédé les municipales.»

Que leur reprochez-vous ?

«Faire de la politique, ce n’est pas seulement gagner ou perdre une élection. C’est d’abord et avant tout faire avancer des idées. Mais ici malheureusement, c’est une question d’ego. D’ailleurs, elles n’avancent pas vraiment un argumentaire politique. C’est une polémique stérile. Je préférerais qu’elles se servent d’une tribune médiatique pour qu’elles exposent leurs idées sur des sujets locaux comme comment lutter contre le Front National ou encore comment trouver des solutions pour venir en aide au commerce local qui souffre particulièrement au Havre.»

Y a-t-il un malaise local ou ce malaise provient-il des difficultés que rencontre le gouvernement ?

«On ne peut pas le nier. Il est clair qu’un peu partout en France, il arrive que des gens ne renouvellent pas leur carte. Mais on n’en parle pas dans les médias pour autant. Au niveau local, nous enregistrons un recul comme un peu partout ailleurs. Nous comptabilisons 280 militants. Cet effectif était de 340 avant les municipales. Oui la situation nationale n’est pas facile mais nous restons sereins. Les querelles n’intéressent pas les militants du PS au Havre. Avec toutes ces histoires, ils nous disent qu’ils se sentent insultés. Ce sont leurs propres mots.»

« TRAVAILLER DANS L’INTÉRÊT GÉNÉRAL »

Muriel de Vrièse et Christian Bouchard ont déclaré que le PS au Havre était un parti de professionnels ? Que rétorquez-vous ?

«Le Parti socialiste au Havre a un bureau qui est notamment composé de retraités et de personnes ayant déjà une activité professionnelle. La section est composée de militants qui sont tous des bénévoles. Ce ne sont pas des pros de la politique.»

Le fait que Christian Bouchard et Muriel de Vrièse fassent toujours partis du groupe « La Mairie pour tous » au conseil municipal du Havre est-il un handicap pour Camille Galap ?

«Il est clair qu’avoir deux dissidents dans un groupe constitue une difficulté. Un vote récent a eu lieu au sein de notre section. Nous souhaitons que le groupe actuel soit dissous et refondé. Nous faisons confiance à Camille Galap pour aller dans ce sens. Pour ce faire, il faut adresser un courrier au maire du Havre. Il faut savoir que les deux conseillers municipaux dissidents ont proposé une liste aux sénatoriales contre la liste proposée par Camille Galap. Christian Bouchard, lui, a déjà quitté le PS en 2001 pour faire une liste dissidente. La situation actuelle au sein du groupe a parasité nos messages envers la majorité municipale.»

Pensez-vous que les primaires qui se sont déroulées au Havre avant les municipales ont accentué les clivages ?

«Non au contraire. Nous en sommes sortis renforcés. Ceux et celles qui travaillent au côté de Camille Galap, ce sont les militants. Aujourd’hui, nous voyons que ses premiers soutiens ont retourné leurs vestes. A la section du Havre, la porte est toujours ouverte pour débattre, pour échanger. Il existe plusieurs lignes politiques au sein du PS. Mais cela ne crée aucune tension. Le PS est une grande maison où chacun a sa chambre. Nous travaillons pour l’intérêt général.»

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOIS HAUGUEL

PRÉCISION

Suite à l’article intitulé « Au PS, c’est l’hémorragie » paru samedi 25 octobre, Christian Rodicq tient à préciser qu’il n’a « jamais été adhérent au Parti socialiste » mais qu’il appartenait à « la liste Mairie pour tous qui s’est constituée pour l’élection municipale » et qui « aujourd’hui constitue un groupe à la mairie ». Une liste, désormais « orpheline de son concepteur » selon Christian Rodicq, sur laquelle figuraient des adhérents PS, Radicaux de gauche et EE-LV mais aussi des personnes issues de la société civile comme Christian Rodicq, qui a décidé de rejoindre Nouvelle Donne en mai. « Je suis parti pour défendre des idées, pas pour défendre les idées du PS.»

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