Plus de 200 adhérents et sympathisants socialistes havrais ont fait le déplacement hier soir pour le premier grand meeting en province de François Hollande.
Ambiance chaleureuse, grand, très grand discours de Laurent Fabius introduisant notre candidat à l’élection présidentielle, serein et déterminé, qui est revenu, entre autres, sur ce qui se passait à la même heure sur la 1ère chaine.
Voici les meilleurs moments du discours :

« Je suis le candidat du siècle qui vient »

« La France doit progresser, sur tous les plans en même temps. On ne peut pas avoir d’un côté la modernisation économique et, d’un autre côté, la régression sociale et le conservatisme sur les mœurs. C’est tout le mouvement qui nous fera avancer. Nous sommes le parti – je suis le candidat du mouvement, du progrès, de l’avancée, de la conquête, du siècle qui vient ! »

« Dominer la finance… »

« Le redressement ne sera possible que si la finance est dominée. J’ai dit que la finance n’avait pas besoin de déposer sa candidature. Elle ne sera pas invitée au journal de TF1 ce soir. Elle n’a pas besoin de poser sa candidature, parce que, hélas! Elle domine sur le plan politique. Or c’est la démocratie qui doit avoir le dernier mot. Non pas que nous n’ayons pas besoin de banques, de financiers, d’épargne pour qu’il y ait de l’investissement et de la création – nous en avons besoin -, mais tant d’excès ont été commis sous nos yeux en vingt ans. La finance a pris le contrôle de l’économie et, à travers elle, le contrôle de la société et de nos vies mêmes. Combien de salariés m’ont expliqué que leur usine fermait, non pas parce qu’elle n’était plus compétitive, mais parce que le taux de rentabilité demandé par la finance était devenu si élevé qu’elle ne pouvait plus tourner pour satisfaire cette exigence.»


« Réussir les transitions que la France doit affronter »

« Quelle est la responsabilité de notre génération ? C’est de réussir la transition, transition entre un monde ancien qui s’épuise sous nos yeux et un monde nouveau qui tarde à émerger, transition entre des modes de production, des modes de consommation, des modes de transport. Nous devons être les acteurs de cette mutation. Ceux qui vont diriger la France pendant les cinq ou dix ans à venir doivent avoir cette grande mission. La transition économique pour sortir de la crise avec plus de force et d’atout pour la France de la mondialisation. La transition technologique pour que nous puissions mettre le numérique, l’internet, les réseaux de communication au service de notre vie courante, mais aussi de nos entreprises et de nos emplois. La transition énergétiquepour préparer l’après-pétrole, réduire le réchauffement climatique, faire monter les énergies renouvelables et diminuer progressivement notre dépendance au nucléaire. Nous avons besoin, là encore, d’inventer des politiques. La transition écologique pour reconvertir nos bâtiments, isoler nos logements, stocker l’énergie, inventer les véhicules électriques. Cela tombe bien : on les fabrique ici, à Cléon ! Transition pour renforcer l’économie verte, l’économie de demain, mais aussi transition éducative pour imaginer les nouveaux savoirs, les formations d’avenir, les pédagogies nouvelles et lutter contre l’échec scolaire, qui ne doit pas être une fatalité, un déterminisme, une punition. Transition territoriale pour donner une confiance nouvelle aux collectivités locales. Ce sera un nouvel axe de décentralisation que nous poserons. Transition générationnelle pour assurer la solidarité entre les âges, transmettre les expériences, faciliter l’allongement de la vie et, en même temps, accueillir les jeunes. Solidarité entre les âges, c’est l’idée du contrat de génération : permettre que les seniors puissent former les jeunes, partir à la retraite dans de bonnes conditions et laisser les jeunes en contrat à durée indéterminée venir dans l’emploi. Oui, belle idée de la transition. C’est un beau projet : être des passeurs, des relais, des intermédiaires, des liens entre les individus, les territoires, les générations.

Lejaby, Photowatt : Les sauvetages industriels par les amis du président

« Depuis dix ans, ceux qui exercent les responsabilités dans notre pays ont abandonné toute ambition industrielle pour y substituer une approche à courte vue, des aides aux entreprises sans aucune contrepartie, des annonces fracassantes sans lendemain, désespérant les ouvriers, décrédibilisant la parole publique. Ai-je besoin de donner des exemples ?… Et voilà que depuis quelques semaines, des sauvetages de circonstance sont entrepris. On appelle à la rescousse des patrons amis. Tant mieux si cela permet de sauver des emplois ! Mais, tout de même, est-ce logique ? Est-ce là une réflexion durable ? Est-ce là une vision ? Est-ce là une ambition ? Non, tout simplement un calcul! »

« Le candidat sortant nous promettra du neuf »

« Le candidat sortant nous promettra du neuf, il tentera de faire de ses faiblesses une force. Le président s’est trompé pendant cinq ans, mais justement, ce sera son expérience… On nous dira : « il a gouverné pendant cinq ans, il sait donc ce qu’il ne faut pas faire. Il connaît les erreurs à éviter ». La preuve c’est qu’il les a toutes commises ! Il prétendra que les vieilles recettes de l’austérité sont des remèdes du XXIe siècle. Il assènera que les Français vivent au-dessus de leurs moyens et qu’il faut les mettre à la diète. Il confessera que le passé ne compte pas, qu’il faut oublier le bilan, que la crise est passée par là, que tout s’efface et que seul l’avenir compte.(…)

« Qui va mieux depuis 5 ans ? »

« Qui va mieux depuis cinq ans : les ouvriers, les employés, les agriculteurs qui peinent, les chercheurs qui vont mal, les professeurs dont on a supprimé les emplois, les commerçants, les artisans ? Qui va mieux en France ? Eh bien oui, je vais vous le dire, c’est un peuple très spécial, un peuple particulier, un peuple à part, un peuple qui vit en fait au-dessus du peuple, c’est le peuple des importants, le peuple des possédants, le peuple des dirigeants. Celui-là va mieux depuis cinq ans !

« Ce n’est pas un bilan, c’est un fiasco »

« Ce quinquennat avait commencé par un bouclier pour protéger les plus riches. Il s’achève par une massue, celle de la TVA sur la tête des Français. Ce n’est pas un bilan, c’est un fiasco. Et je suis aussi sévère à l’égard de la politique qui a été menée au nom de l’Europe. Depuis deux ans, seize « sommets de la dernière chance » se sont tenus, et la Grèce en est toujours au même point, affaiblie, soumise, incapable de se redresser. Le pays est désespéré, la rue s’embrase, et les fonds n’ont toujours pas été libérés. »

« Le président qui rassemble»

« Et je fais ici cette promesse, si les Français m’en donnent mandat : je ne serai pas le président qui divise, je serai le président qui accueille, rassemble, réunit. Je ne serai pas le président qui distingue entre les hommes, entre les cultures, entre les religions, entre les opinions politiques ou partisanes. Je serai le président qui s’adressera aux Français dans ce qu’ils ont de meilleur. »

« La pluie des referendums » qui pourrait s’abattre sur la France

« Le peuple français est un grand peuple politique. (…) En cas de réélection, les Français seraient consultés sur le chômage. Peut-être avec la question « êtes-vous pour ou contre le chômage » ? Consultés sur la formation : « êtes-vous pour ou contre la formation ? » Consultés sur les étrangers – ah, on voit déjà un peu plus de malice ! Consultés sur la règle d’or – pas besoin d’être consultés sur la règle d’or, puisque nous aurons à prendre des engagements et que nous les respecterons. Curieuse position, quand même, quand pendant cinq ans, le même s’est refusé à consulter le peuple français quand il lui a été fait, à tort ou à raison, la demande sur les retraites, sur le nucléaire et – pourquoi pas ? – sur la TVA sociale ! Curieuse conception, et en tout cas ce n’est pas la mienne, de nos institutions. »

« Etre un Président qui incarne des valeurs »

« La campagne sera aussi celle des valeurs, dont le prochain président devra être l’incarnation et le garant. (…)La première de mes valeurs, c’est la vérité. (…) Sans la vérité, il n’y a pas de démocratie. (…) Je dirai la vérité, même si elle est difficile à entendre, et d’abord que nous ne pourrons pas tout faire, que nous ne pourrons pas tout promettre, que le début de notre quinquennat sera difficile, qu’il sera marqué par l’effort, mais dans la justice. (…)Le chemin que je montre est exigeant, mais au bout il y a le rétablissement de l’économie, il y a la solidarité financière et il y a les droits des citoyens étendus. »

« La deuxième valeur que je porte, c’est le travail. Mais où est le respect du travail quand trois millions de nos concitoyens sont au chômage ? (…) Eh bien je vous le dis, le travail doit être réhabilité, et nous y mettrons bon ordre. »

« Ma troisième valeur, c’est la justice. L’âme de la République, c’est l’égalité. La solidarité n’est pas l’assistance ! (…) Moi, je ne stigmatiserai pas le chômeur en disant qu’il est responsable de sa condition. (…) Je vais vous dire une chose toute simple, c’est que la France n’est forte que si elle est juste. Si elle n’est pas juste, c’est là qu’elle s’affaiblit, c’est là qu’elle s’amoindrit. »

« Le respect. Le respect des institutions, partout et pour tous, et d’abord pour le chef de l’Etat, qui doit donner l’exemple. (…)Les partenaires sociaux seront considérés, leur rôle sera même précisé dans la Constitution. (…)Le respect, c’est aussi celui d’avoir des lois qui s’appliquent partout, et le droit à la sécurité qui doit être reconnu. (…)Nous augmenterons les effectifs de Police et de Gendarmerie. Nous les répartirons sur le territoire différemment, là où il y a effectivement le plus de besoins. »

« La dignité humaine. C’est elle qui nous fera engager une grande politique du logement et du logement social, parce qu’il est inacceptable de ne pas avoir un toit, de ne pas vivre décemment, de ne pas pouvoir fonder une famille, ou pour un jeune de ne pas pouvoir connaître l’autonomie ou l’indépendance ».

« Et la plus haute, la plus belle de nos valeurs, celle qui les résume et qui les englobe toutes, c’est la République. Une République unie. Une République laïque, parce que la laïcité est la valeur qui protège et qui libère. J’ai proposé d’inscrire les principes de la loi de 1905 dans la Constitution, pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de doute sur nos intentions, dans le respect de la liberté de conscience, de la liberté religieuse. »

« Mme Merkel soutient d’autant plus le candidat qu’il ne la contredit plus depuis longtemps.»

J’ai compris que Madame Merkel avait des positions fermes là-dessus. Je les respecte. Et qu’elle soutenait d’autant plus le candidat sortant qu’il ne la contredit plus depuis longtemps ! Elle a bien le droit. Elle peut avoir ses préférences. Et lui peut chercher son soutien – et je ne m’en plaindrai pas. Ce que nous aurons à faire, au lendemain de l’élection présidentielle, si les Français m’en donnent mandat, ce sera de convaincre – la Chancelière, mais aussi les chefs de gouvernement, qui nous regarderont un peu curieusement, sans doute. Mais c’est le peuple français qui nous aura donné de la force ! Parce que quand le peuple français s’est exprimé dans une élection présidentielle, quand le peuple français a investi un candidat qui est devenu président, eh bien la force du président entrant est très différente de la force du président sortant !

« Beaucoup de peuples d’Europe attendent notre victoire »

« Beaucoup en Europe, et pas simplement dans les partis progressistes, attendent notre victoire : pour donner une nouvelle dimension aux traités européens, sur l’intervention de la Banque centrale européenne, sur la capacité d’emprunt de l’Europe, sur les grands projets industriels et énergétiques. Là encore, c’est le peuple français qui sera déterminant, parce que c’est lui qui fournira une partie de la réponse – pas toute la réponse. Evitons de pêcher par arrogance en considérant que nous serions le seul peuple à décider du reste. Mais je sais que ce que les Français décideront le 6 mai vaudra pour la France, mais influencera l’Europe tout entière. »

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