Lors du conseil municipal de décembre, un débat s’engage sur une délibération permettant les appels d’offres sur l’école Carco et Kergomard. Le groupe d’opposition socialistes , radicaux, vert s’oppose à cette décision par l’intervention suivante (extrait du PV du conseil municipal) :

M. DIEULAFAIT : Il est symptomatique que la décision prise pour la restructuration des écoles Carco et Kergomard se matérialise aujourd’hui par ces conséquences sur les bâtiments. L’avenir des enfants, les inquiétudes des parents et des enseignants, on n’en parle pas. L’important se situe dans la brique ou le béton, à moins que ce ne soit dans quelques cœurs de pierre, qui n’ont point voulu se laisser attendrir. Bien souvent, des délibérations nous arrivent comme des évidences, alors que les décisions prises ne sont pas du tout incontestables. Celle-ci commence par « il est prévu », formule impersonnelle, alors que quelqu’un ou quelques-uns a ou ont prévu. Elle se poursuit par « le besoin de regrouper ». Besoin pour qui, pour quoi ? On ne sait pas. Vous savez pertinemment que ce projet suscite l’hostilité de bon nombre de personnes attachées à ces écoles. Néanmoins, le rouleau compresseur municipal, tel le char de l’Etat, s’apprête à passer non seulement sur les bâtiments à détruire, mais sur les arguments des hommes et des femmes qu’on met devant le fait accompli. Dès le début, vous avez opposé à toute contestation le fait que la décision était déjà prise en Comité stratégique. Cette instance, bien mystérieuse et protéiforme, serait donc celle qui détient le vrai pouvoir. Dans ce cas, on peut se demander à quoi servent une partie des adjoints au maire et la totalité des conseillers municipaux, de droite comme de gauche. L’opposition, il est vrai, sait depuis longtemps avec quelle considération on la traite, mais votre propre majorité a du souci à se faire. Mis une fois de plus devant le fait accompli, notre groupe votera contre cette délibération, en saluant la ténacité de tous ceux qui ont consacré leur temps et leur énergie à tenter de se faire entendre. Au moins, vous ne pourrez pas dire que votre projet a fait l’unanimité, comme vous l’avez fait au cours des deux derniers conseils, s’agissant de délibérations prises dans un tel brouhaha que personne ne sait plus où on en est.

 

Voici la réponse (toujours issu du même procet verbal)

M. le Maire : Merci beaucoup, M. DIEULAFAIT. Vos propos sont un peu excessifs. Enfin, peu importe. Nous avons déjà eu de très longs débats là-dessus. Nous avons été plusieurs à recevoir longuement les enseignants et les parents d’élèves. Tout le monde a été entendu longuement. Maintenant, nous arrivons, comme c’est normal, au terme de longs débats, de longues discussions, de longues consultations. Nous arrivons au moment de la décision. Je mets aux voix ce projet de délibération.

 

Pour la mairie du Havre, débattre, c’est recevoir les citoyens, ne pas leur donner de réponses et prendre la même décision que si aucune rencontre n’avait eu lieu. Pas mal, la démocratie au Havre !

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