Séance plénière du Conseil Régional,

Lundi 25 juin 2012 

 Intervention de Catherine Troallic conseillère régionale pour le groupe socialiste et divers gauche de la Région Haute-Normandie

 

Monsieur le Président, Chers collègues,

 

Vous l’avez indiqué en introduction Monsieur le Président, une nouvelle période s’ouvre. La création du Ministère du redressement productif fait partie des signaux  forts adressé aux Français ; elle répond à une exigence placée au cœur du débat présidentiel : la réindustrialisation de notre pays.

En 20 ans, ce sont près d’1 million d’emplois industriels détruits dont 750 000 ces dix dernières années. Face à cet inquiétant recul, le Président de la République a légitimement fait de la relance de la production et de la défense de nos emplois industriels une priorité et l’un des piliers du redressement de la France.

Cet objectif trouve dans notre région une résonance toute particulière. L’emploi industriel y représente 21% des actifs contre 14% en moyenne nationale.

Et ces dernières années, notre région a vu se multiplier les situations alarmantes, de M-Real à Alizay à Petroplus à Petit-Couronne en passant par Sealynx à Charleval…

 

Bien sûr la création d’un Ministère dédié au redressement productif n’est pas, à elle seule, de nature à enrayer d’un trait de plume un mouvement de désindustrialisation dont les causes sont multiples.

L’état extrêmement dégradé des finances publiques, vous l’avez rappelé Monsieur le Président, ne laisse à l’actuel gouvernement  -c’est un euphémisme- que très peu de marges de manœuvre.

Néanmoins, l’heure n’est pas au bilan de l’action gouvernementale, nous saluons le changement de méthode et le sens retrouvé des responsabilités.

 

A l’absence de concertation, aux fausses promesses et aux effets d’annonce, le nouveau gouvernement privilégie, lui, le dialogue social, la clarté et l’action. Dès leur entrée en fonction, le Ministre du redressement productif comme celui du Travail ont multiplié les rendez-vous avec les représentants syndicaux et les élus locaux concernés par la fermeture de sites.

Dans certains cas, ce travail a permis aux directions des entreprises et aux représentants du personnel de revenir à la table des négociations afin d’envisager des solutions alternatives.

C’est par exemple le cas dans l’Eure, avec l’équipementier automobile Sealynx . Après négociations, Renault a décidé de participer au financement de la période d’observation et à la recherche d’un repreneur et d’apporter – au moins jusqu’en 2015 – un volume de commandes suffisants pour assurer l’emploi des 500 salariés.

Nous saluons les engagements pris par la direction de Renault et le sens des responsabilités des salariés qui ont accepté cette proposition et repris leur travail. Nous saluons aussi la médiation réalisée, par nos collègues Guillaume Bachelay et Marc-Antoine Jamet, qui a contribué à cette sortie de crise.

 

Toutes les énergies doivent être mises au service de la défense de nos emplois industriels.

Comment admettre que M. Montebourg ait trouvé vides plusieurs dossiers d’entreprises au chevet desquelles l’ancien gouvernement se disait mobilisé?

Comment expliquer que l’ancienne majorité se soit systématiquement opposée à l’adoption de règles complémentaires destinées à combattre le type de situation que nous avons rencontré avec M-Real ?

Elus régionaux, nous attendons plus de réactivité et de responsabilité de nos gouvernants. A cet égard, il nous semble important que les nouveaux parlementaires puissent rapidement se saisir de ces questions. Dans l’intervalle, nous jugeons très positivement l’initiative du Ministre du redressement productif visant à mettre en place une cellule régionale de veille et d’alerte précoce. Celle-ci permettra d’identifier, de prévenir et d’aider à résoudre –lorsque c’est possible – les difficultés des entreprises.

 

En appui d’une stratégie nationale de ré-industrialisation et de relocalisation des entreprises axée sur la compétitivité-qualité, nous continuerons, en région, de miser sur ces gisements d’innovations que constituent nos filières industrielles d’excellence  adossées à des pôles de compétitivité (automobile, énergies, industrie verrière, logistique, chimie, biologie, pharmacie, cosmétique, aéronautique, agro-alimentaire …).

La collectivité régionale entretient, développe et valorise ces savoir-faire uniques dans la compétition mondiale en mettant en œuvre des formations diversifiées, spécialisées et performantes. C’est dans ce secteur mais aussi celui de l’éducation, de la recherche et des grandes infrastructures que se jouent l’avenir économique et l’attractivité de notre région.

Notre priorité est de placer la Haute-Normandie au premier plan dans le domaine des énergies, notamment l’éolien off-shore. Contribuer au développement d’une nouvelle filière industrielle est une grande responsabilité, une chance unique et un véritable espoir. Sous votre autorité M. le Président, la Région ne ménage pas ses efforts pour y parvenir.

La mise en place d’une filière Energies, le lancement de l’Appel à projets Energies, le copilotage, avec le Préfet, d’un comité de coordination de l’éolien offshore, le dialogue entretenu avec les différents consortiums ou encore notre engagement sur le déploiement d’un programme de formation, créent un climat favorable et propice à l’implantation de cette nouvelle production industrielle.

Nous souhaitons ainsi que l’engagement pris par Areva de construire 2 usines de fabrication de turbines et de pales soit concrétisé le plus rapidement.

Outre AREVA, le groupe Alstom-EDF envisagerait également de construire une usine de fondations gravitaires et une base logistique au Havre, ce qui multipliera là encore les perspectives d’emplois sur ce territoire.

Enfin, malgré la décision prise par le précédent gouvernement de reporter l’appel d’offre du Tréport, nous restons mobilisés et œuvrons pour que ce site soit attribué dans les meilleurs délais.

 

Avec l’appel à projets Energies lancé en 2011, nous travaillons à la transition énergétique.  Ce dispositif a déjà permis de créer plus d’une centaine d’emplois et d’en maintenir environ 500.

La 2ème édition de cet appel à projets, qui a démarré en avril dernier, se concentre sur la recherche, l’innovation et les entreprises. Elle permettra à deux projets d’ampleur de voir le jour, le projet WIN (site de recherche et d’essai d’éoliennes-tests) et le projet GENESIS (recherche en analyse de matériaux irradiés) qui conforteront le rôle majeur de notre région dans le secteur des énergies.

Dynamiser notre territoire, renforcer son attractivité, revitaliser son industrie, telle est l’ambition de la Région Haute-Normandie.

Il ne faut pas se voiler la face : le contexte est extrêmement difficile.

Nous ne pouvons ignorer ni sous-estimer les immenses difficultés liées au contexte international et financier.

La droite nous a laissés un champ de ruines économique, social, industriel. Mais la Région se bat pour créer des conditions propices au développement du territoire, en accompagnant les entrepreneurs dans leurs démarches, en soutenant les projets d’investissements, en favorisant la création d’entreprises et en mettant en place des formations d’excellence.

Je vous remercie.

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