Chers collègues,

La présentation résumée de l’enquête publique comporte quelques erreurs, notamment sur les première habitations qui sont visiblement à moins de deux kilomètres, y compris sur le plan (peu lisible il est vrai) fourni en annexe.
C’est le cas à Mayville où cela concerne une école maternelle, à la Cité Chauvin ; et aux quartier des Neiges

Mais je voudrais surtout intervenir sur l’intérêt d’une telle installation.

Le « Réseau Action Climat » qui compte parmi ses membres des associations prestigieuses comme le WWF et « Les amis de la Terre » a publié en avril dernier un document fort intéressant où il est indiqué :

–   Que le bilan énergétique est médiocre pour les agro carburants produits en Europe
–   Que la réduction des gaz à effet de serre qu’il pourrait entraîner est marginale pour le plan gouvernemental
–   Que le faible rendement des agro-carburants  entraine une faible contribution à l’indépendance énergétique nationale et une concurrence inévitable entre agro-carburants et cultures alimentaires avec élévation des prix de ces dernières. Il entraîne également un coût déraisonnable pour l’état et, donc le contribuable                 (affectation de taxes détournée) et pour les agriculteurs qui ont négocié leurs prix sur 5 ans dans un contexte de hausse.
–   Que la pratique de cultures intensives pour les produire aura forcément un effet négatif.
–   Que l’importation d’huiles provenant de pays en développement (de palme par exemple) augmenterait la déforestation et favoriserait le changement d’affectation des sols sur place avec des conséquences désastreuses.

Le réseau conclut que « Le soutien actuel français et européen aux agro-carburants est une mauvaise politique »  « En réalité, sous couvert d’une politique environnementale et énergétique apparemment vertueuse, le gouvernement français continue une politique agricole néfaste. Il détourne ainsi, au bénéfice exclusif des acteurs les plus puissants et les plus privilégiés de l’industrie agroalimentaire, des sommes considérables qui pourraient être efficacement investies dans le développement d’une agriculture durable et dans la lutte contre le changement climatique »
De même la commission environnement du parlement européen a voté en juillet 2008, la réduction de l’objectif initialement prévu de 10 % d’incorporation d’agro-carburant d’ici 2020 à 4 % en 2015.
De même une étude de l’ARF, association des régions de France, sortie en septembre 2008, émet d’importantes réserves sur la filière agro carburants.

Quant au « zoo-carburant », ou doit on l’appeler « nécro-carburant » ? issu des animaux morts, qu’en dire ?
En effet, à l’heure actuelle on ne sait rien sur les bilans à tirer des zoo-carburants. En effet, le cabinet Bio IS, chargé par l’ADEME d’une étude sur les « biodiesels » devait étudier les esters méthyliques issus des graisses animales. Mais il n’en a rien fait, par manque de temps et de bibliographie sur le sujet.

De plus, si l’on considère l’intérêt économique de ces carburants : il ne tient qu’à la défiscalisation : exonération de taxe intérieure sur les carburants à hauteur de 0,22 euro par litre.
Suite à la crise de l’ESB (la vache folle) les graisses animales ont été largement utilisées dans la savonnerie et la lipochimie qui, faute de matière première, devront faire appel à des huiles végétales dont les coûts seront vite insupportables. Qu’on ne s’étonne pas si des savonneries ferment.
L’usine Malchin en Allemagne , après avoir fonctionné à la graisse animale, fonctionne maintenant à l’huile végétale.
Cela ne semble pas arrêter Charles Beigbeder, qui est A L’INITIATIVE  de ce projet comme de plusieurs autres projets néfastes au développement durable (le vrai).

Pour toutes les raisons que je viens d’exposer, notre groupe ne votera pas cette délibération. 

 

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